Analysant l'évolution de la R&D aux niveaux national et mondial, le rapport biennal de l'Observatoire des sciences et techniques confirme la montée en puissance de l'Asie et constate une implication croissante des régions dans la R&D.
A partir de données de 2008 sur les budgets, les ressources humaines, les publications scientifiques, les brevets et les partenariats, la dixième édition du Rapport 2010 des « Indicateurs de sciences et de technologies » de l'Observatoire des sciences et techniques (OST) expose l'évolution de la R&D au niveau mondial.
La montée de l'Asie
Premier constat : « l'Asie poursuit son ascension
» note Thierry Weil, Président du Conseil d'administration de l'OST, dans la préface du rapport. En termes de montants investis dans la R&D, la Chine se classe désormais troisième (9,3 % de la dépense de R&D mondiale), rattrapant le Japon (13,5 %), la Corée du Sud est sixième (3,7 %) et l'Inde est huitième (2,2 %). De 2002 à 2007, les dépenses de R&D de la Chine sont passées de 5,1% de son PIB (39,2 milliards de dollars) à 9,2% (102,3 milliards de dollars) et celles de la Corée du Sud de 2,9% à 3,7%. Par ailleurs, « 43 % des étudiants du monde sont en Asie, 24 % sont en Europe, 14 % en Amérique du Nord et 5 % en Afrique
» ajoute Thierry Weil.
La situation française
Au niveau national, le rapport souligne la progression des dépenses de R&D dans l'activité nationale entre 2005 et 2008 (de 36,2 milliards d'euros en 2005 à 40,6 milliards d'euros en 2008). Il note également le nombre croissant de personnels de R&D (+ 21% en dix ans) et plus particulièrement de chercheurs (+ 45%). Cette progression est surtout le fait du privé qui a triplé le nombre de ses chercheurs depuis 1981. Parallèlement, suite au travail de sensibilisation mené par l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle), le taux de dépôt de brevets par les PME est en hausse en 2009 de 6,8% par rapport à 2008 (- 3,6% tous déposants confondus). Autre point positif, les étudiants sont de plus en plus mobiles : « en 2007, 62 150 étudiants français sont partis faire des études supérieures à l'étranger ; c'est 23 % de plus qu'en 2002
» rappelle Thierry Weil.
La R&D en région
Enfin, si le rapport, par manque de recul nécessaire, ne se prononce pas sur les conséquences de l'autonomie accrue des universités ou du changement des règles du Crédit d'impôt Recherche (2008), il souligne certaines retombées de la politique des pôles de compétitivité, mise en place en 2005. Ainsi, malgré des dépenses de R&D inégalement réparties sur le territoire (1), les régions ont une implication croissante des institutions régionales. « Elles ont, depuis 2008, un rôle reconnu dans la politique des pôles de compétitivité ; elles peuvent mieux dialoguer avec des universités désormais capables de définir des stratégies adaptées à leurs atouts et contraintes spécifiques, liées notamment aux ressources et aux besoins de leur territoire » précise Thierry Weil.





















































