Alors que les « supercalculateurs actuels réalisent en un jour une tâche qu'un ordinateur de bureau mettrait 150 ans à accomplir », de nombreux secteurs stratégiques sont « dépendants des capacités de calcul intensif ». Afin de « préparer les générations futures de supercalculateurs », le Conseil d'Analyse Stratégique vient de publier une note rappelant les enjeux liés au nombre de flops (opérations par seconde).
Dans une note de veille publiée le 21 juillet et intitulée « les supercalculateurs, un impératif scientifique et industriel
», le Centre d'Analyse Stratégique rappelle les enjeux associés au développement des supercalculateurs et émet une série de propositions visant à « accompagner le développement du calcul intensif
» et à « préparer les générations futures de supercalculateurs
».
Bientôt un supercalculateur d'au moins 1 pétaflops en France
« L'accès au calcul numérique le plus performant et la capacité de disposer de supercalculateurs sont devenus une ressource déterminante de la puissance des nations au service de la défense, de la recherche et de la compétitivité industrielle
» rappelle la note. De nombreux secteurs, de l'aéronautique à la santé, en passant par l'environnement ou encore la fusion nucléaire, sont aujourd'hui « dépendants des capacités de calcul intensif
». Si la France et l'Europe ont longtemps été à la traîne dans ce domaine, le Centre d'Analyse Stratégique souligne les « importants » efforts engagés depuis 2007. Deux initiatives sont mises en avant. Le GENCI (Grand Équipement National de Calcul Intensif), chargée de développer les moyens de calcul nationaux, a multiplié par 30 la puissance de calcul française depuis sa création en 2007. Associant le Ministère de l'enseignement supérieur et de la Recherche aux principaux organismes de recherche et aux universités, le GENCI est doté d'un budget de 100 millions d'euros sur 4 ans. L'ouverture d'une autre structure est programmée : un supercalculateur d'au moins 1 pétaflops couvrira les besoins de la défense en 2010.
Les propositions du Conseil d'Analyse Stratégique
Au niveau européen, l'initiative PRACE (Partnership for Advanced Computing in Europe) offre, depuis le 1er juin 2010, à tous les scientifiques européens, un accès à un supercalculateur de 0,8 pétaflops opérationnel à Jülich en Allemagne. En 2011, la France accueillera également un Très Grand Centre de calcul (TGCC), d'une puissance supérieure à 1 pétaflops, dans le cadre de la participation à PRACE.
Dans ce contexte, le Conseil d'Analyse Stratégique préconise de « garantir le développement du calcul intensif sur le moyen terme et conforter GENCI dans ses missions
», mais aussi de « soutenir le développement d'une industrie française et européenne des supercalculateurs dans le cadre du programme Dépenses d'avenir
». Par ailleurs, il recommande de favoriser, « à l'instar des États-Unis, l'émergence d'une infrastructure de recherche européenne d'envergure internationale et renforcer le processus d'innovation et de transfert en améliorant les relations public/privé pour faire de la France l'un des pivots du calcul intensif
». Enfin, il suggère de « créer des formations qualifiantes en calcul intensif de la licence au doctorat
».






















































